jeudi 19 février 2009

Nikolski, Nicolas Dickner.

Printemps 1989.

À l’aube de la vingtaine, Noah, Joyce et un narrateur non identifié quittent leur lieu de naissance pour entamer une longue migration. Fraîchement débarqués à Montréal, ils tentent de prendre leur vie en main, malgré les erreurs de parcours, les amours défectueuses et leurs arbres généalogiques tordus. Ils se croient seuls; pourtant, leurs trajectoires ne cessent de se croiser, laissant entrevoir une incontrôlable symétrie au sein de leurs existences.

Nicolas Dickner aime enchevêtrer les récits et les images avec une minutie qui frôle parfois celle d’un zoologue fêlé. Dans Nikolski, il prend un malin plaisir à rassembler des archéologues vidangeurs, des flibustiers de tous poils, des serpents de mer, plusieurs grands thons rouges, des victimes du mal de terre, un scaphandrier analphabète, un Commodore 64, d’innombrables bureaux de poste et un mystérieux livre sans couverture.

Un récit pluvieux, où l’on boit beaucoup de thé et de rhum bon marché.

- Prix des libraires du Québec 2006
- Prix des libraires - 15e anniversaire (2008)
- Prix littéraire des collégiens
- Prix Anne-Hébert
- Prix Printemps des lecteurs-Lavinal
- Finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général
- Finaliste au Grand prix littéraire Archambault
- En cours de traduction en huit langues

Il y a plusieurs mois, le billet de Caro[line] m'avait donné le goût de remettre ce titre en priorité sur la pile... puis comme toujours je passe à un autre livre, j'oublie, je me dis que ce sera bientôt son tour et (finalement) je me surprends à avoir peur de lire LE livre que tout le monde a aimé!

J'étais en droit, je pouvais mettre mes attentes sur la plus haute tablette puisque ce livre s'est mérité plus d'un prix... Dernièrement, Bob August lui accordait 10/10 ("Premier contact avec votre Macintosh", ça t'a plu n'est-ce pas?!) dans un commentaire laissé ici, tout en me jetant la "Montréalitude" du récit dans la phrase suivante...

"À la table voisine, un clochard coiffé d'une tuque des Maple Leafs parle tout seul. Noah ne s'en étonne plus. Il a l'impression qu'à Montréal, tout le monde parle tout seul."
(p.87)

Noah et moi étions faits pour nous entendre et Bob n'avait pas tout à fait tort! Néanmoins, je ne puis dire que Montréal prenne plus de place que l'Ouest canadien ou encore le Nord du Québec dans ces destins croisés que ceux de Noah, Joyce et du libraire sans nom. Nicolas Dickner a écrit une grande fresque sur plusieurs continents, il nous fait voyager, mais je me suis parfois égarée dans les quelques détails de logistique... ou d'histoire. Ses personnages voyagent "léger" mais ont tout un bagage culturel et d'expérience de vie à faire envier la sédentaire que je suis devenue.

Donc, est-ce que l'étudiant perpétuel, le libraire mystère et la pirate des temps moderne ont fait vibrer mes papilles gustatives littéraires pendant ces quelques heures de lecture? Peut-être pas au point de lui accorder la mention coup de coeur... malheureusement. J'ai l'habitude d'être contre le vent et la réalité que tous ces prix démontrent, c'est que l'éditeur n'était pas dans le champs en le prenant sous son aile... contrairement à ce que suggère une certaine photo sur piliers apperçue ailleurs!! :op

8 commentaires:

mathilde a dit...

Bonjour, je me permets de vous contacter pour vous annoncer la sortie de deux livres sur Calder à l'occasion de l'exposition au Centre Pompidou du 18 mars au 20 juillet 2009. Il s'agit d'"Animal Sketching", le premier livre de Calder (véritable rareté aujourd'hui) et "Calder, l'impossible réalisé" (petit portrait de l'artiste fait par Alain Jouffroy). Si vous voulez plus d'informations, n'hésitez pas à me contacter sur presse@editions-dilecta.com
A bientôt!

Venise a dit...

Ton commentaire est tout en nuances, et très bien rédigé soit dit en passant.

Je te comprends d'avoir été un peu perdue, je l'ai même été à la deuxième lecture ! Il faut aimer être un peu perdue pour aimer Nikolski. Me semble en tout cas.

Il paraît que Tarmac, son prochain, c'est toute autre chose. Une rumeur.

Jules a dit...

Venise: merci pour les compliments, je trouve souvent que mes billets sont saccadés et pas très lisibles... tu me fais du bien!!

Dominique a dit...

je viens de commettre un délit, bien petit mais...je t'ai taguée
J'espère que tu pourras prendre le relais
J'aime bien me balader sur ton blog

Karine :) a dit...

Je suis tout à fait comme toi... j'ai acheté ce livre parce que tout le monde a aimé mais je ne peux me décider à l'ouvrir... on verra ce que j'en penserai! J'aime bien ton billet!

Jules a dit...

Dominique: c'est déjà fait!! YEAH!

Karine: merci! Il n'est pas mauvias du tout ce livre, mais je ne l'ai pas aimé au même niveau que le reste de l'univers!! :p

yueyin a dit...

Très beau billet nuancé Jules. J'ai beaucoup aimé Nikolski quant à moi, peut être pour son côté éclaté justement - je le trouve prometteur pour un premier roman et je lirai volontiers le prochain de l'auteur :-))

Jules a dit...

Yueyin: c'est le côté éclaté que j'ai moins aimé!!