dimanche 4 mai 2008

We need to talk about Kevin, Lionel Shriver.

À la veille de ses seize ans, Kevin Khatchadourian exécute neuf personnes dans son lycée. A travers des lettres au père dont elle est séparée, sa mère retrace l’itinéraire meurtrier de leur fils. Un roman coup-de-poing, violent, complexe, qui s’attaque aux pires des tabous. Née en 1957 en Caroline du Nord, Lionel Shriver a fait ses études à New York. Diplômée de Columbia, elle a été professeur avant de partir parcourir le monde. Elle a notamment vécu en Israël, à Bangkok, à Nairobi et à Belfast. Après six romans qui ont connu une publication confidentielle aux États-Unis, elle entreprend l’écriture d’un récit inspiré de la tuerie de Columbine. Il faut qu’on parle de Kevin a obtenu un éclatant succès de par le monde et a remporté l’Orange Prize en 2005. Lionel Shriver vit à Londres avec son mari, jazzman renommé.


L'intuition d'une mère, la naïveté d'un père ou un couple qui ne voit pas du même oeil leur propre fils? J'ai mis beaucoup de temps à lire ce livre parce que le texte est fort, sans détour et porte à réflexion sur le monde actuel et ses frustrations. Kevin a choisi d'avoir son 15 minutes de gloire de façon violente et Eva, sa mère, retrace sous forme de lettres à son ex-mari comment leur fils avait peut-être laissé quelques indices depuis sa naissance... Lionel Shriver a une écriture franche et détaillée qui ne laisse rien au hasard. À travers ses mots, on arrive à cerner les caractères de chacun des personnages et à resentir toute une panoplie d'émotions parfois brutales. C'est un roman difficile, un sujet trop d'actualité (il faut voir les statistiques de tueries dans les écoles américaines!) et c'est aussi un livre qui traite de l'éducation des enfants surtout lorsqu'on ne les voit de la même façon; ce qui pourrait entraîner de graves conflits entre les conjoints. À ne pas lire si vous êtes dans cette situation, ceci pourrait vous fournir un peu trop de munitions!

"When you're putting on a show, you don't shoot the audience."
(p.394)

8 commentaires:

Karine a dit...

C'est un livre que je regarde souvent en librairie mais que je n'ose jamais prendre. Je le mets dans ma liste de peut-être, sait-on jamais!

Anne a dit...

Il sort juste en poche ici, je l'ai noté.
Les conflits conjuguaux dus à l'éducation des enfants, je crois que nous ne pouvons y échapper. Il faut faire très attention à ne pas franchir certaines frontières...

fanette a dit...

Ouf... Je ne sais s'il sort en France, en tout cas je frissonne rien qu'en y pensant. Le genre de livre que je lirai du bout des yeux, chez Gibert, debout à côté des tables, mais sans l'acheter...

kathel a dit...

Je l'ai lu et commenté il y a quelques mois, c'est une lecture très forte, effectivement, et qui donne beaucoup à penser...

Grominou a dit...

Comme Karine, je n'ai jamais osé... C'est un sujet vraiment difficile!

Danaée a dit...

Éric en dit beaucoup de bien, en tout cas. Je ne sais pas si je le lirai... le sujet ne me branche pas vraiment.

JULES a dit...

karine et Grominou: la psychologie d'un futur tueur est très intéressante!!

Anne: justement, je pense que eux ont dépassé les limites...

Fanette: il n'est pas si horrible que ça.

Kathel: très forte, c'est juste!

Éric: c'est lui qui me l'a conseillé... je si facilement influençable!!

Paula a dit...

Ce livre m'a habitée pendant des semaines. L'auteure décrit la psychologie des personnages avec tellement de finesse et de nuances... Rien n'est blanc, rien n'est noir. À ceux qui hésitent, je vous dis: Osez! Vous ne le regretterez pas.