mercredi 4 avril 2007

Cure Aki Shimazaki # 1: Tsubaki.

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre.Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin.

Tsubaki = Camélia en japonais.

Les sujets abordés dans ce récit sont totalement en contradiction avec la signification de cette fleur: excellence et solidité des sentiments. Bombe atomique, trahison du père, secret de la mère, amours interdits et meurtre. Le talent de Shimazaki est de limiter les mots pour ne s'en tenir qu'à l'essentiel, sans rien négliger. Ce que j'apprécie par dessus tout, ce sont les notions d'histoire japonaise et les parcelles de coutumes qui ajoutent grandement à la compréhension des faits et gestes des personnages. Namiko découvre le passé de ses parents par l'entremise d'une longue lettre laissée par sa mère qui vient de mourrir. Étonnement et frustration seront du lot en cette période de deuil. Heureusement, tout se termine bien...

Laurent Laplante écrit dans Le Libraire No.40 mai-juin 2007: "Mais qu'on sache ceci: accepter un livre, c'est accepter l'auteur et quelque chose de sa culture." À cela, j'ajouterais que c'est aussi avoir la chance de découvrir "l'autre" et ouvrir nos horizons...

"On dit qu'être fait prisonnier, c'est assez honteux; mais être tué par eux, c'est le pire affront pour un soldat... On dit que mon frère aurait dû se suicider avant sa capture." p. 63

Leméac/ Actes Sud, 1999. 121 p.