jeudi 17 novembre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan.

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.

Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Ils se font rares ces livres qui me touchent au point de me faire pleurer une fois refermé… Malgré le succès qu’elle remporte sur les blogs, c’est mon premier Delphine De Vigan. J’ai résisté par manque de temps, de listes et de piles à lire trop remplies. Celui-ci avait de particulier qu’il traitait de la mort d’une maman et d’une femme qui a eu le courage de mettre des mots sur cette vie triste et sinistre. Je voue une profonde admiration aux gens qui peuvent parler de la mort d’un proche de cette façon et aussi rapidement après leur départ. Éric Fottorino m’avait beaucoup émue avec « L’homme qui m’aimait tout bas » et j’ai pensé retrouver le même partage d’émotions chez De Vigan. Je ne me suis pas trompée, ce livre mérite d’être lu. Il règne une froideur évidente entre ces deux êtres. Elle n’est que de surface parce qu’en grattant un peu, on constate qu’il y a plus d’une façon d’aimer ses proches, l’auteure et sa mère avaient les leurs. Comme Lucille le mentionne dans sa très courte lettre d’adieu, elle a fait comme elle a pu… et Delphine aussi dans les circonstances!

Ce livre a eu une large couverture médiatique, je n’insisterai pas sur ce billet car il est bien clair que je le recommande! J’aime ces livres qui viennent me chercher au plus profond de ma vie personnelle. Ma mère ne s’est pas suicidée, heureusement. Mais chaque fois que je tombe sur un de ces hommages, je me rappelle en parallèle qui était ma propre mère et son combat contre une longue maladie. En fait, à chaque fois, je vis un genre d’expérience « Down the memory lane ». Pas toujours positif, mais nécessaire pour ne pas oublier.

À lire absolument même si vous ne vous sentez pas concernés de près!

8 commentaires:

Cynthia a dit...

Il est dans ma PAL depuis deux semaines et je n'y tiens plus au vu de tous les avis positifs !
De cette auteure, je te conseille aussi "Jours sans faim", sur le thème de l'anorexie et qui est aussi autobiographique.

enna a dit...

Ton avis me fait remonter ce livre sur ma pile! ;-)

Jules a dit...

Cynthia: oui, c'est que j'ai pu comprendre en lisant celui-ci, elle en parle un peu...

Enna: tu seras touchée, j'en suis certaine!

Valérie a dit...

J'adore le hasard: je passe sur un blog qui parle de Désolations et dans mes oreillles, les chroniqueurs du Masque et la Plume se déchirent autour de ce roman. Là, dans mon podcast, j'en suis à Rien ne s'oppose à la nuit et les chroniqueurs se déchirent à nouveau. Moi, je n'ai pas aimé.

Jules a dit...

Valérie: c'est un livre délicat, on ne peut le lire comme un roman alors il faut aimer les biographies et ça, c'est pas toujours facile!

Kikine a dit...

Forcément, je note :)
Merci

Jules a dit...

kikine: oui, je pense que les billets négatifs seront minimes!

Véronique (alias la Pyrénéenne) a dit...

Il est bouleversant, oui !