mercredi 5 décembre 2007

Le Cercle fermé, Jonathan Coe.

L'Angleterre de Tony Blair entre dans le nouveau millénaire, et les héros de Bienvenue au club dans l'âge mûr. Vingt ans après, qu'ont-ils fait de leurs idéaux de jeunesse ? N'auraient-ils d'autre choix qu'entre compromissions et immobilisme ? Seul l'affreux Paul, leur cadet, un politicien opportuniste, semble s'adapter à ces temps nouveaux et aux nouveaux cercles du pouvoir. Mais si les utopies des années soixante-dix semblent maintenant lointaines, il suffit de bien peu pour faire resurgir les fantômes du passé... Jusqu'à ce que le cercle se referme. Tout en déroulant la chronique de l'histoire immédiate, du choc de la mondialisation à la guerre en Irak, Jonathan Coe fait le portrait d'une génération en proie à d'irréductibles contradictions. Impitoyable satiriste, il brosse un tableau ravageur de l'Angleterre de Tony Blair, qu'il dénonce avec la fureur vengeresse jadis réservée au thatchérisme. D'une lucidité aussi réjouissante qu'inconfortable, le diptyque composé de Bienvenue au club et du Cercle fermé se fait le miroir non seulement d'un pays, mais d'une époque tout entière, et constitue une fresque aussi ambitieuse et aussi aboutie que Testament à l'anglaise.

En terminant ce deuxième tome et après avoir lu Bienvenue au club, je me suis dit que le détour (sinueux!) du premier en valait finalement la peine. Ici, on s'y retrouve facilement, on ne s'ennuie pas et on attend avec impatiences les nouvelles révélations sur ces personnages qui ont quitté l'adolescence pour rejoindre la quarantaine... non moins compliquée! Des lettres, des poèmes, des extraits de livres et de discours, des pensées et un "melting pot" généreux m'ont fait dévorer ses 549 pages en toute rapidité. Les références y sont plus proches de mon expérience (11 sept. 2001, la guerre en Irak, etc.) et malgré moi, je me suis sentie beaucoup plus proche de Benjamin, Claire et les autres. En conclusion, je peux maintenant ajouter cet auteur dans la liste à relire et à en juger par vos commentaires, bien des heures de plaisir m'attendent avec Testament à l'anglaise...

2 commentaires:

dasola a dit...

Chaque livre que j'ai lu de Jonathan Coe est un vrai plaisir. Comme d'autres blogueuses, je vous conseille Testament à l'Anglaise : un bijou.

Gaël a dit...

Je suis content que finalement Jonathan Coe t'ait plu. Ce dyptique m'a énormément parlé, pourtant, je n'ai même pas connu les années 70. Mais l'auteur transcende son époque pour faire de ces deux romans une fresque historique de l'Angleterre moderne. Vraiment brillant!