mardi 9 août 2011

La dévorante, Lynda Dion.

«j'ai la peau des mains qui fripe qui s'amincit le dedans des cuisses tendre comme du boeuf haché le dos qui coince quand je garde trop longtemps la même position je lis je réfléchis j'écris je médite devant la tête des arbres je ne bouge pas assez j'habite un corps de sédentaire qui n'a pas baisé depuis belle lurette ce qui me semble est pire encore»

Depuis la mort de sa mère, un an plus tôt, et le départ de sa fille, la narratrice se sent plus seule que jamais. Ni le chambreur avec qui elle partage son quotidien dans l'appartement de la rue de Vimy ni les hommes qui la courtisent sur les sites de rencontres ne parviennent à calmer sa faim. Jusqu'où ira-t-elle pour trouver l'amour et alléger ce coeur qui pèse dangereusement dans la balance?

Présenté sous forme de fragments, La Dévorante explore sans pudeur les thèmes du célibat et du rapport au corps. L'écriture de Lynda Dion est à la fois fluide, tranchante et viscérale.


"j'ai raconté la dévorante les morsures la douleur au coeur l'été qui s'enfuit le célibat vécu comme une malédiction impossible à défaire" (p.132)

Femme ménopausée cultivée aimant lire et écrire, voyager et boire cherche homme pour sexe et vaincre la maudite solitude! Problème d'embonpoint malgré plusieurs tentatives de le résoudre. Sens de l'humour malgré tout... (surtout lorsqu'on a habité sur La Canardière, la pauvre!). Optimiste et opportuniste résument cette personnalité.

Vous semblez reconnaître votre amie ou votre voisine de pallier? Probable, mais moi je me suis souvent demandé si ce livre était autobiographique ou pure fiction! Les débuts n'ont pas été facile, sans ponctuation, le texte mérite une lecture lente pour bien saisir le sens des phrases. Sinon, c'est un livre qui se savoure avec une bonne Sangria dans le jardin. Certes, il est triste de voir autant de femmes faire tous les efforts nécessaires pour rencontrer l'amour sans réel débouché, mais Lynda Dion a donné à ce "sport" une autre dimension. J'ai n'ai jamais eu l'impression que la narratrice s'apitoyait sur sort mais qu'elle affichait une certaine constance à repérer les possibilités et à garder la tête hors de l'eau! Un petit livre rose très digérable à dévorer en toute vitesse.


Ce livre se qualifie pour le Défi j'aime lire la plume québécoise de Suzanne!

La dévorante a été lu par La Recrue du mois, lire les articles.

2 commentaires:

Suzan a dit...

Déjà noté antérieurement à ton billet mais celui-ci me «pousse» à le mettre plus haut sur ma pile.

Jules a dit...

Suzanne: ah! c'est haute pile! Je ne touche plus le dessus moi! Je dois commencer par en dessous...