mardi 27 janvier 2009

Monsieur Ho, Max Férandon.

Dans un pays où être vivant signifie être plusieurs, Monsieur Ho mène une existence tranquille de menu fonctionnaire invisible. Pourtant, quelque part dans le Très-Haut, on a d'autres projets pour lui, et il se retrouve bientôt à la tête d'une entreprise aussi vaste qu'insensée : un recensement de tous les habitants de la Chine.

Monsieur Ho voyagera en train à travers un pays pluriel, obsédé par l'avenir et oublieux de son passé, où l'opulence et la corruption côtoient la misère des campagnes. Humain avant d'être fonctionnaire, ce fils d'un paria de la Révolution culturelle qui voue en silence un amour interdit aux mots ne pourra échapper au doute et ses états d'âme prendront peu à peu le pas sur son devoir. Il faudra une panne à la fois mécanique et existentielle en Mongolie intérieure où, quarante ans auparavant, son propre père a disparu, pour que ce comptable apprenne à compter véritablement jusqu'à un.

A la fois reportage surréaliste et fable grinçante sur la face cachée de l'Empire de tous les secrets, Monsieur Ho érige un rempart contre la bêtise en y opposant une lucidité douce-amère parfumée d'une subtile poésie.


Monsieur Ho et moi avons eu des débuts difficiles, parce que dès les premières pages, j'ai senti que le ton était assez politique et critique envers la Chine. Bien que ce ton soit justifié, je perds un peu l'intérêt lorsqu'il est question du petit livre rouge associé au communisme de Mao. Néanmoins, je me suis accrochée à ce livre pour certaines raisons... Et au final, je suis loin d'être déçue par ce voyage que Monsieur Ho entreprend en train dans le but de recenser la Chine. Il recense surtout les misères de son pays et c'est triste et frappant de constater à quel point nous oublions souvent la réalité des ces habitants au prix des marchandises à bas prix qui entrent par conteneurs de 40' dans tous les ports du monde! Monsieur Ho est un représentant des autorités délicat, avec un grand coeur et un esprit ouvert. Au fil du voyage, nous sentons grandir son indignation face aux malheurs des gens exploités et aux conditions dans lesquelles ils vivent. Sa transformation est émouvante et son rôle de semeur d'espoir nous donne, à nous aussi, le droit d'espérer qu'un jour un vent de changement franchira les frontières de la Chine.

"Anticipant la tombée des premiers chiffres du grand recensement, il commençait à en esquisser le fil conducteur: disparité et pluralité formaient les grands axes de son exposé. La société chinoise, décomposée, éparpillée, nageait dans une contracdiction permanente. Il n'y avait pas dans son pays un pluriel, mais une floraison de pluriels, des pluriels de soi, des autres, des pluriels de vértiés." (p.117)


Avec Monsieur Ho, nous franchissons les limites, les campagnes, les steppes de la Mongolie, mais aussi les âmes de ces chinois qui ne demandent pas mieux qu'un peu de liberté et de respect. Cet homme qui a toujours vécu dans l'ombre et dans un cadre bien déterminé prend son aise en notre compagnie et c'est ce qui rend le récit encore plus audacieux. L'auteur dépose quelques touches d'humour et quelques parcelles philosophiques de façon à rendre ses observations moins sévères et c'est probablement par cette attention que j'ai survécu aux restants du communisme!

Ce livre est une belle surprise et est un bon exemple que parfois, ce qui nous saute aux yeux dans les premiers chapitres, peut facilement s'estomper et laisser place à quelque chose de plus beau, plus profond.

10 commentaires:

Karine :) a dit...

J'ai eu un peu peur avec le début de ton commentaire, vu qu'il est dans ma pile (mais tu dois le savoir, vu que tu as attendu avec moi pendant une bonne demi-heure que ce soit l'heure des dédicaces, au salon du livre!!). La morale: je vais m'accrocher si j'ai du mal au début!

Le petit chat a dit...

Bonjour,

Je suis une nouvelle venue sur la grande blogosphère de lecture. Depuis quelques jours, je parcours des blogs de lecture et je me rends compte qu'il y a plein de belles choses à découvrir et à partager via les livres.
Au plaisir de vous lire,
J'espère à très bientôt.
Bonne journée

Jules a dit...

Karine: ah! pauvre toi, je te fais toujours peur avec mes commentaires!! ;)

Le petit chat: bienvenue parmi nous!

Grominou a dit...

C'est drôle, je suis moi aussi en Chine en ce moment!

Jules a dit...

Grominou: que lis-tu?

Grominou a dit...

Le Dit de Tiyani de François Cheng. Ça se passe durant et après la Deuxième Guerre. J'ai presque fini, mon billet devrait paraître d'ici quelques jours!

Frisette a dit...

J'adore ça la critique moi! Je note!

Frisette a dit...

Il y a parfois des coincidences... Tout à l'heure je zappais, ne trouvant rien à mon goût à la télé. Je tombe sur TV5 et dans une émission que je connaissais pas on parlait justement de ce roman en termes élogieux. Je suis due on dirait...

Jules a dit...

Frisette: Je l'ai vu moi aussi à Club Social cette semaine! Les premiers romans sont souvent déçevants (je sais! je suis dans La recrue!) et celui là est très bien!

Anonyme a dit...

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