mardi 18 novembre 2008

Effigie, Alissa York

Utah, 1867. Erastus Hammer, éleveur de chevaux et chasseur renommé, mène une existence austère sur son ranch en compagnie de ses quatre épouses : Ursula la pieuse, Ruth l’éleveuse de vers à soie, Sœur Thankful l’aguicheuse et Dorrie, une adolescente rescapée d’un massacre de pionniers fomenté par les mormonset les Indiens. Discrète et solitaire, cette dernière n’a aucun souvenir de sa vie avant la tragédie et se voue tout entière à la pratique délicate de la taxidermie afin d’insuffler une vie éternelle aux trophées de chasse de son mari. Mais, la nuit, elle rêve de nuées d’oiseaux, de loups et revoit d’horribles scènes de violence.

Bendy Drown, le nouveau garçon d’écurie battu, enfant, par un père colérique plus intéressé par l’or et le whisky que par sa progéniture, remarque son tourment et lui offre son aide. Les adolescents se rapprocheront dans un jeu dangereux au sein de ce ménage mormon tendu par l’envie et les jalousies. Dehors, un loup rôde sur les terres de Hammer à la recherche de ce qu’il a perdu. Sa quête nocturne dévoilera les tensions et les secrets de cette famille compliquée.

Finaliste au prix Scotiabank Giller, Effigie est une fresque historique envoûtante, empreinte de sauvagerie et de sensualité. Un tour de force romanesque qui, par une mystérieuse alchimie, nous amène à repenser la fragile frontière séparant l’humain de l’animal.

Plus de 600 pages et un seul mot me vient à l'esprit: étrange! Bon ou mauvais signe, je n'ai aucune idée, parce que je suis partagée en deux... Les lettres que Dorrie reçoit de sa mère malade m'ont captivée; les rêves de Dorrie m'ont embrouillée. La relation qu'entretient Hammer avec le Traqueur m'a exaspérée; les liens aves ses épouses m'ont troublée. Les comportements qu'adopte le jeune Lal a engendré la pitié ou encore la haine... Je ne sais toujours pas!

Le rythme est parfois lent, parfois exaltant. Le texte est accessible ou plutôt subliminal. Les flashbacks replacent dans le contexte ou emmêlent les cordes...

En réalité, il ne faudrait pas tenir compte de mon avis si vous êtes fan d'histoire, de taxidermie ou de théologie, vous y trouverez votre compte d'une façon ou d'une autre. Lors de ma rencontre avec l'auteure (sans avoir lu son livre), je l'imaginais comme une grande fleur délicate, mais je pense bien qu'elle a su développer un côté bien sombre pour pouvoir créer une telle saga pas souvent réjouissante. Les personnages ont presque tous un passé délicat, et réunient sous un même toit, ça ne laisse guère place au bonheur à la grande table d'Erastus Hammer.

6 commentaires:

Joelle a dit...

J'aime bien les fresques historiques, mais nettement moins la théologie ou la taxidermie ! mdr ! Alors, je suis tentée mais un peu inquiète (surtout au vu de ce que tu dis du rythme et des sauts dans le temps). Du coup, je préfèrerais l'emprunter à la biblio (au cas où je n'accrocherais pas) mais ils ne l'ont pas (mais c'est assez récent alors je ne m'inquiète pas encore !)

réjean a dit...

La couverture est bien belle !

Jules a dit...

Joelle: ton tour viendra!! ;)

Réjean: tout à fait et elle est représentative!

Liliba a dit...

Je passe...

Constance a dit...

J'ai adoré ce livre...Les personnages sont bien définis dans leurs caractéristiques propres.L'écriture m'a beaucoup plu,par son style poétique;je cite comme exemple les rêves de Dorrie.Cependant,si le lecteur n'a pas une bonne connaissance de la religion mormonne ou de ces origines,l'histoire peut devenir un peu mélangeante.Un très bon roman tout de même.

Jules a dit...

Constance: j'ai été incapable de passer par-dessus certaines choses...