jeudi 8 décembre 2011

Hélié, fils des bois, Marie Le Franc.

Jamais réédité depuis sa parution dans les années 1930, ce grand roman de Marie Le Franc – par ailleurs récipiendaire du prix Femina en 1927 – apparaît au lecteur d’aujourd’hui comme la première incursion littéraire féminine dans la forêt nordique. Cette oeuvre déploie un fascinant imaginaire de la forêt, ici celui du lac Tremblant dans les Laurentides, qui se nourrit des paysages découverts lors des nombreux séjours de la romancière et des sensations vécues au contact d’une nature qui, sans être totalement hostile à l’être humain, n’en demeure pas moins extrêmement difficile à habiter. La radicale altérité de la forêt, qui se joue de rapports intimes et intérieurs, renforce l’intérêt contemporain pour cette oeuvre.


Voici un autre livre que j'ai découvert à travers mon nouveau cercle littéraire.  Si la tendance ce maintien, ce cercle m'apportera beaucoup car je puis dire que ce livre là est un petit bijou!  Si il y a une chose dont je suis certaine, c'est que moi qui regarde beaucoup les couvertures, je n'aurais jamais acheté ce livre.  Elle est tout simplement hideuse!  Malheureusement, je serais passée à côté d'un texte riche et d'une finesse comme j'en vois rarement. Je ne crois pas avoir lu autant de belles descriptions en ce qui concerne la forêt canadienne ou toute autre forêt à dire vrai.  L'histoire de Julienne, cette jeune française qui compte sur le calme de la forêt pour se retrouver est magnifique.  Pour son exil, Julienne elle a choisi le Tremblant. À l'époque où a été écrit le livre (1930), cette région n'était pas encore la méga station de ski touristique pour bien nantis qu'elle est aujourd'hui. Quelle merveille de découvrir un terrain vierge et ses "habitants" tel que le cher Hélié qui par son assurance en pleine forêt aura de quoi séduire la belle Julienne. Par contre, ne cherchez pas trop les bisous, car je crois que les écrivaines étaient encore pudiques à cette époque. Avec cette institutrice, nous parcourons les bois, rencontrons des gens de campagne et nous vivons avec elle ce que peut être habiter toute seule avec des arbres (ça fait peur parfois!!!).  Un endroit où dès le matin, tu peux être toi-même, sans sourire forcé, sans vêtements, sans obligations (sauf de chauffer le poêle!) et personne ne peut te le reprocher.  Les phrases sont magnifiques, dans certains chapitres Marie Le Franc aborde des thèmes et en fait le tour en 3-4 pages, c'est merveilleux.  

"À présent, c'était le Tremblant qui ouvrait devant elle son énorme livre à la page illisible et qui ne se souciait pas d'être lue, dans l'épaisse reliure de la forêt." (p.76)

J'ai rarement le goût de relire un livre, je pourrais faire une exception pour celui-ci, juste pour prendre le temps de savourer la prose maintenant que je connais la fin...

6 commentaires:

Grominou a dit...

Je m'en vais tout de suite vérifier dans le catalogue de la bibliothèque municipale...

Jules a dit...

Grominou: c'est là que nous allons voir si nos goûts se rapprochent! Soit tu vas dormir dessus, soit tu seras ravie comme moi! À suivre...

Suzan a dit...

Je viens de le réserver à la bibliothèque (J'espère ne pas attendre trop longtemps);-)

Jules a dit...

Suzanne: ah moi! lorsque je suis enthousiaste pour un livre, j'ai peur que les gens soient déçus!!! :)

saxaoul a dit...

Pour fiston, je te conseille "Noyeux Joel" de Stéphanie Blake. Ma fille a deux ans et dix moi et elle adore !!!

Jules a dit...

Saxoul: merci pour le titre, je vais voir si je peux le trouver!