dimanche 27 novembre 2011

La porte du ciel, Dominique Fortier.

Sous un morceau de ciel de la Louisiane s’étirent les sillons brun et blanc d’un champ de coton. Deux fillettes grandissent, l’une dans l’ombre de l’autre. On construit au milieu d’un marais une impossible église, un village oublié s’endort dans un méandre du fleuve. Tout près monte la clameur d’une guerre où les frères affrontent leurs frères sous deux bannières étoilées.

Dans ce troisième roman plus grand que nature, l’auteure Du bon usage des étoiles et des Larmes de saint Laurent offre le portrait d’une Amérique de légende qui se déchire pour mieux s’inventer. Roman labyrinthe, livre kaléidoscope, La porte du ciel nous entraîne par cent chemins entre rêve et histoire. 

Il se peut que vous ayez retrouvé ce billet sans mon commentaire, car fiston l'a publié avant même que le texte ne soit écrit!  Ah! c'est que maintenant c'est son ordinateur (à même pas 22 mois!).  À quel âge va-t-il me demander les clés de la voiture? 

J'ai mis beaucoup de temps pour terminé ce livre, non pas parce que l'auteure manque de talent.  Je l'ai dit et redit, cette jeune femme a une écriture passionnante!  Mais dans le cas de son dernier roman, le sujet me plaisait moins.  Sur fond (léger) de guerre de Sécession, l'esclavage fait la vitrine.  Nous nous retrouvons sur de grandes plantations avec contremaîtres, etc.  Rien d'innovateur de ce côté, mal nourris, accusés au premier tour et sans appel, épuisé et parfois abusés par les maîtres, la fin de l'esclavage est difficile à imaginer...

Ce que j'ai aimé de ce roman, ce sont les courtepointes.  Ce côté rustique de l'existence, comme le dit June, un personnage fort du livre, ces couvertures cousues à la main seront peut-être les dernières preuves de sa présence sur terre.  Elle ne sait plus très bien où sont tous ses enfants, certains sont morts, d'autres ont été vendus, cette vie d'esclave est triste à mourir.  Vous retrouverez sur ce site quelques oeuvres dont il est question dans le livre, je ne vous dis pas lesquelles, je vous laisse le plaisir de les découvrir par écrit et vous pourrez ensuite voir à quoi elles ressemblent en vrai.  Vous constaterez également que plusieurs artistes portent le même nom de famille, la raison est aussi très bien expliquée dans le roman.  C'est ce que j'apprécie le plus dans les livres de Dominique Fortier, les petites tranches d'histoire mêlées à du texte poétique.  Il ne faut pas lire ici qu'elle écrit en vers, mais  lire ses livres, c'est tout comme écouter une berceuse, on ne se heurte pas à des bouts de phrases carrés. 

Me revoici donc à attendre le prochain avec impatience malgré ma petite (mais vraiment petite) déception.
Ce livre se qualifie pour le défi J'aime lire la plume québécoise de Suzanne.


5 commentaires:

Venise a dit...

"c'est tout comme écouter une berceuse, on ne se heurte pas à des bouts de phrases carrés"

Dis donc, tu t'es vraiment laissé imprégné par le côté poétique de ce roman ! Toujours plus difficile quand on aime moins le sujet, mais par contre, c'est peut-être à ce moment que l'on se distraie le moins, mais que l'on apprend le plus.

Jules a dit...

Venise: je l'ai déjà dit, j'aurais aimé que Dominique écrive mes livres d'histoie, j'aurais pété des scores comme on dit! :)

Suzan a dit...

Aaaah que j'ai hâte de le découvrir à mon tour. Merci Jules.

Jules a dit...

Suzanne: quoi, quoi, quoi, tu ne l'a pas encore lu? :)

Grominou a dit...

Je veux le lire bientôt, je reviendrai lire ton billet après!