mardi 2 décembre 2008

Moon palace, Paul Auster.

Marco Stanley Fogg : le nom même de son héros place ce roman sous le signe de l'exploration et du voyage. Et c'est bien une odyssée qui nous est offerte, dans la tradition des Mille et Une Nuits comme du grand " roman américain ; un parcours fertile en paysages fantastiques, personnages hors du commun, tribulations multiples. Mais tout voyage est aussi une quête intérieure et initiatique. Sous l'abondance des lieux et des couleurs, le vrai périple de Marco Stanley Fogg est une recherche de l'identité, une exploration de la solitude et de l'incomplétude universelles. L'auteur de la " Trilogie new-yorkaise " et du Voyage d'Anna Blume confère ici aux thèmes qui sont ceux de toute son œuvre une ampleur et une richesse inégalées.

Mon blitz Auster ne fait que commencer et je réalise déjà que cet Américain sait tricoter de bonnes sagas familiales!

"Après vingt-quatre années vécues dans une interrogation sans réponse, j'avais peu à peu adopté cette énigme comme le fait central de mon identité. Mes origines étaient un mystère, et je ne saurais jamais d'où je venais. C'était ce qui me définissait, et je m'étais habitué à ma propre obscurité, je m'y accrochais comme à une source de connaissance et de respect de moi-même, je m'y fiais comme à une nécessité ontologique."
(p.304)

De fil en aiguille, un peu à notre insu, il nous transporte d'un personnage à l'autre sans démarquation. La transition est naturelle et suit son cours dans le récit d'une portion de vie que tente de nous transmettre le personnage principal: Marco Stanley Fogg. Paul Auster est habile et captivant. Je n'utilise que très rarement ce qualificatif, mais je ne peux trouver mieux pour son oeuvre! Ce livre se dévore d'un bout à l'autre comme un road trip ou un road movie. Les personnages ainsi que les paysages y sont colorés et ne nous ennuient jamais... Il faut dire qu'Auster n'a rien trouvé de mieux que de semer des embûches sur la route de Fogg en lui imposant des hommes (et quelques femmes) qui sortent de l'ordinaire: l'oncle Victor et ses 1492 livres, Kitty la danseuse, le vieux Effing aveugle, Barber et son obéséité, etc. Tous nous épinglent jusqu'à la fin de leur rôle dans le quotidien de Marco.

Je suis enchantée de mon initiative pour décembre, mais comme le dit si bien Fogg: "Selon l'injonction d'Effing, le premier jour: ne rien considérer comme acquis." (p.132) Seul l'avenir me dira si je n'avais rien à craindre de cet homme vénéré sur la blogosphère!


10 commentaires:

Karine :) a dit...

Un peu plus et tu vas devenir une Auster Groupie! Je n'ai pas lu celui-là mais on me l'a souvent conseillé. Bien entendu, il est dans ma liste. J'aime généralement les personnages d'Auster...

Le Bookomaton a dit...

Je l'ai lu il y a plus de 5 ans... je l'avais énormément apprécié, et j'avais adoré la Trilogie new-yorkaise. Tu me donnes une furieuse en vie de relire tout ça :-)

amanda a dit...

et une conquise de plus :)

Jules a dit...

Karine: oh, oui je suis groopie officielle!

Book: allons-y en groupe, lisons Auster!! ;)

Amanda: yep!

Joelle a dit...

Oh, je sens que celui-ci va me plaire aussi ! Mais ce ne sera pas avant janvier ou février ... j'ai trop de choses en attente d'ici là !

Jules a dit...

Joelle: très bien écrit! À lire!

Flo a dit...

*soupir*
une case de mon cerveau vient de se souvenir que tu lisais Auster ce mois-ci et j'ai pris le risque de venir voir si par hasard tu n'aurais pas fini un des livres.
Je suis ravie par ton avis (d'où le soupir ;)
Tu en parles bien et surtout tu me permets d'enrichir mon point de vue sur mon livre préféré de l'auteur. D'une certaine façon, le problème quand on connaît bien un écrivain, c'est que l'on n'ouvre plus ses livres de façon innocente. On s'attend à y trouver certaines choses et cela est d'autant plus vrai avec l'oeuvre de PA. J'avais prévu de lire ce roman en VO cette année et je ne l'ai pas encore fait (ce n'était pas une urgence non plus vu que j'ai lu le bouquin en VF deux fois déjà) mais là tu me donnes envie de le rajouter à ma PAL de Noël (qui est déjà d'une hauteur disproportionnée mais passons...).

Quant à l'acquis... c'est pareil pour chaque livre non ? Enfin je sais que je m'attache plus aux livres qu'aux écrivains. Quand je liste un écrivain parmi mes préférés c'est qu'il a fait ses preuves auprès de moi sur une assez longue distance. Après, je doute fort qu'Auster ait désormais l'occasion de me décevoir à un point tel que cela remette en question mon attachement à son oeuvre mais, il me semble au contraire que je suis d'autant plus exigeante avec lui à chaque nouveau livre parce que, justement, il a acquis un certain statut dans mon coeur de lectrice et qu'il a intérêt à assurer s'il veut le garder (ça doit sûrement l'empêcher de dormir le pauvre homme ;D).

Bon je ne me relis pas... Etant donné mon état cérébral en ce moment je doute fort avoir tenu des propos cohérents et j'aime autant ignorer jusqu'à quel point j'ai dit des conneries ;p

Encore merci pour cet avis rafraîchissant !

Jules a dit...

Flo: merci à toi pour ton commentaire de vraie fan finie!!! hihihihi

Flo a dit...

Je ne sais pas comment je dois le prendre ;D
Mais je ne sais plus qui a dit : "mieux vaut se perdre dans sa passion que de n'avoir pas de passion" (version approximative mais l'esprit y est ;p)

La nymphette a dit...

Je suis en train de le terminer. Et j'aime, avec évidence! L eoruquoi à venir quand j'aurai l etemps d'écrire mes 6/7 notes de retard