lundi 30 janvier 2012

Eldorado, Laurent Gaudé.

La double trajectoire d’un policier des frontières qui perd le sens de sa mission et d’un jeune émigrant soudanais qui tente d’atteindre l’Eldorado européen. A Catane, le commandant Salvatore Piracci surveille les frontières maritimes. Gardien de la citadelle Europe, il navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d’intercepter les bateaux chargés d’émigrés clandestins qui ont tenté la grande aventure en sacrifiant toute leur misérable fortune… en sacrifiant parfois leur vie, car il n’est pas rare que les embarcations que la frégate du commandant accoste soient devenues des tombeaux flottants, abandonnés par les équipages qui avaient promis un passage sûr et se sont sauvés à la faveur de la nuit. Un jour, c’est justement une survivante de l’un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant Salvatore Piracci, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Touché par l’histoire qu’elle lui raconte, il se laisse peu à peu gagner par le doute, par la compassion, par l’humanité… et entreprend un grand voyage. Au Soudan, pour Soleiman et son frère Jamal, c’est le grand jour : ils ont enfin amassé la somme d’argent qui leur permettra de quitter le pays et le continent pour une vie meilleure. Mais les jeunes gens sont bientôt séparés par le destin. Soleiman rencontre Boubakar le boiteux et c’est avec ce nouveau compagnon qu’il poursuivra – d’Al Zuwarah à Ghardaïa, Oujda, puis Ceuta… – son voyage vers l’Eldorado européen.

Parce qu’il n’y a pas de frontière que l’espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s’inventer une terre promise.

Chez Gaudé, pas de demi-mesure, ses livres sont toujours très intenses!  Dans le cas présent, que nous soyons du côté de la garde italienne ou des "boat people", chaque personnage a du vécu et regarde l'avenir avec un mélange d'espoir et de pessimisme...

Deux frères font leurs adieux à leur terre natale pour s'embarquer dans un long voyage vers des jours meilleurs, leurs chemins se sépareront.  Un commandant de la garde côtière italienne se remet en question et tente une aventure qui lui coûtera très cher. Les destins se mélangent et les nationalités se rejoignent dans cette course vers un bonheur imaginé dont ils ne connaissent rien... Un périple dangereux pour tous, fatal pour certains, marquant à vie pour la plupart.

Un livre tragique, d'actualité (encore et encore!) et percuttant.  C'est le Gaudé que j'aime, celui qui écrit avec émotions sans nécessairement nous balancer des scènes d'horreur pour nous faire comprendre la gravité du moment.  Dans mon cahier, juste une coche en dessous de Le soleil des Scorta.

11 commentaires:

Kathel a dit...

Ah, moi aussi, c'est le Gaudé que j'aime... il ne m'a encore jamais déçue, mais je n'ai pas tout lu de lui, loin de là !

Jules a dit...

Kathel: disons que pour moi, c'est moitié, moitié... je n'ai pas lu son dernier. Peut-être fera-t-il penché la balance!

Kikine a dit...

Je n'ai encore jamais ouvert un Gaudé... Peut-être pourrai-je commencer par celui-ci !

Jules a dit...

Kikine: ah non! Le soleil des Scorta!!!

enna a dit...

Moi j'ai beaucoup aimé "le soleil des Scorta" et "Ouragan" alors je le note dans la LAL!

Jules a dit...

Enna: c'est un auteur que j'apprécie, je lirai Les oliviers du Négus c'est certain!

Kikine a dit...

C'est noté !

Le Papou a dit...

Mon préféré reste ''Le soleil des Scorta'' J'ai moins aimé cette histoire. Mais j'adore son écriture.

Le Papou

Jules a dit...

La Papou: certainement le plus fort en tout cas!

Grominou a dit...

Tout à fait d'accord!

Jules a dit...

grominou: excellent!