vendredi 26 février 2010

L'homme d'Asmara, Ioana Georgescu.

L’homme d’Asmara est une histoire d’amour se déroulant dans les vestiges italiens de l’Érythrée, mais il s’agit également d’un commentaire sur le tourisme planétaire, vu par la fille d'une chanteuse d’opéra esseulée qui, un jour, a touché l’oreille de son héros, Yuri Gagarine. On y apprend ce qu’est une zebiba, ce « raisin » sur le front des hommes, cogné à répétition sur le plancher lorsqu’ils font leurs prières. On boit du Fanta aux cerises, on fume le narguilé aux pommes et on mange des loukoums aux pétales de rose dans ce road novel à la nouvelle vitesse du monde, où les touristes attrapent des coups de soleil violets en forme de carte de l’Afrique, et dont plusieurs scènes sont décrites à partir de l’espace. L'homme d'Asmara n'offre au lecteur aucun port d'attache mais le sentiment que parfois il est possible et même souhaitable d'être libre.

Premier livre lu depuis l'arrivée de bébé et peut-être pas le bon choix... Dolorès est à la recherche de son père et nous transporte entre Asmara, l'Égypte, sa mère, ses souvenirs, etc. Il faut être accroché solide pour suivre l'évolution de sa quête sans perdre de vue ce Habib, un père qu'elle ne connaît qu'à travers une photo d'identité en noir et blanc! J'ai accumulé les frustrations en lisant ce texte, parce que j'ai souvent eu l'impression que l'auteur voulait nous lancer sur des pistes sans développer plus loin (Hortensia Roth est un bon exemple). A-t-elle retrouvé son géniteur? Peut-être que oui, peut-être que non, il faudrait que je relise sans interruptions de couches et biberons! Ce n'est pas rendre justice à une auteure de ne pas être concentrée à 100% sur son oeuvre, mais en ce moment, c'est vraiment tout ce que j'ai à offrir et ce livre ne permet pas de distractions...

Par contre, un gros morceau de robot pour l'invitation au voyage que suggère ce périple! Surtout lorsque le vent souffle très fort, ça réchauffe l'ambiance.

Objectif PAL # 47

dimanche 21 février 2010

Promesse...

Photo prise le 19 février 2010


Bébé a 18 jours aujourd'hui et c'est maintenant que je me promets au moins 30 minutes de lecture par jour... non, mais il faut bien continuer à faire descendre la PAL, qui comme Felfel, est un peu négligée... Pour ceux qui se demande, Felfel vit l'arrivée du petit dernier de façon exceptionnelle! Elle le regarde, ne fuit pas quand il pleure et ne joue pas avec ses objets! Je suis fière de ma fille... De nature craintive, je la croyais capable de se cacher dans le placard pour les mois à venir! Bref, je suis soulagée qu'elle le prenne comme une extension de ses maîtres.

Bon dimanche à tous! (on est bien dimanche hein? J'ai perdu la notion du temps!!!)

lundi 15 février 2010

La Recrue du 15 février: Les révolutions de Marina, Bïa Krieger.

Marina a douze ans. Elle adore son père, qui est si bel homme, fume avec tant d’élégance virile, sait charmer les femmes avec sa voix profonde. Elle voit bien qu’il veut lui annoncer une grande nouvelle, une nouvelle qui causera une révolution dans leurs vies. Encore une…

Mais pas davantage que la séparation de ses parents, l’annonce de leurs nouvelles amours ne provoque d’effondrement. Dans la famille de Marina, rien ne se passe comme chez les autres. Ne changent-ils pas sans cesse de noms ? De pays ? Ne recommencent-ils pas toujours leur vie dans des contrées étranges, Pérou, Chili, Portugal ?

Dans cette première oeuvre littéraire, la chanteuse Bïa Krieger trace le portrait ensorcelant d’une enfance hors du commun au milieu des tourments de l’Amérique du Sud. Fille de contestataires brésiliens à l’ère de la dictature militaire, Marina plonge dans la vie et s’y ébat comme un poisson dans l’eau.

La nouvelle vie de Marina, c’est aussi le retour de l’exil, et la découverte de son propre pays, le Brésil. Sautant de branche en branche à travers son arbre généalogique, Marina raconte à sa manière l’histoire multicolore de ce pays, qui renferme mille romans.

Un récit aux couleurs chatoyantes, porté par une musique qui fait revivre une époque où la vie semblait plus vivante qu’aujourd’hui.


Un voyage entre l'Amérique du Sud, le Portugal et l'imperturbable quotidien d'une enfant née de parents très distincts de la famille moyenne traditionnelle! Ils militent, ils fuient et malgré tout, ils tentent d'en faire une jeune fille comme les autres. Marina trimbale sa valise entre chez sa grand-mère et ses parents dans plus d'un pays avec une incroyable sagesse. Elle ne doit rien dévoiler des activités de ses parents et dès son jeune âge, on lui apprendra les mots à éviter... Ce personnage est très attachant parce qu'on lui en demande beaucoup et jusqu'à son adolescence, elle semble tout accepter sans trop rechigner. Après, c'est autre chose, mais le lecteur découvre avec soulagement que tout cela n'est pas seulement relié au cheminement politique effectué par ses parents... Ils sont aussi un couple avec obstacles et difficultés à surmonter.

Pour l'aspect historique et culturel du roman, j'ai beaucoup aimé. Le fameux Sud, les soirées chaudes, la musique et la danse se méritent encore une place dans le palmarès de l'exotisme, et que dire du Brésil?! Ce n'est pas que la samba, mais c'est aussi un mixte impressionnant de diverses civilisations...

Pour terminer sur une note moins appréciative, le titre du dernier chapitre arrive à point pour décrire l'impression que j'ai eu de ce livre "Mon pays, ce n'est pas un pays: c'est le bordel". Je respecte le choix de l'auteure de ne pas avoir décrit les événements dans un ordre chronologique, mais dans mon cas, mon appréciation de la lecture a grandement été diminuée par ce détail. Il y a plusieurs éléments historiques dans ce texte et le fait de pas être férue dans le domaine est venu perturber ma compréhension des enjeux qu'a tenté de livrer l'écrivaine.

Tous les avis de La Recrue, ici.

Objectif PAL #46

mercredi 10 février 2010

MERCI!


Merci à vous tous qui laissez des messages ici, je vous lis et j'aimerais pouvoir vous répondre personnellement (comme le Père Noël!), mais le temps me manque! J'apprécie (et papa aussi) énormément et j'aimerais pouvoir tout conserver pour lui plus tard car les blogs seront certainement so out...

Il a déjà une semaine aujourd'hui et on ne touche pas à son biberon!!! :o)

lundi 8 février 2010

Présentations officielles...

Bonjour à tous,

Me voilà enfin parmi vous! Je me présente, je suis Kiyan Émil et je suis né le 3 février 2010 à 8h43! Je mesurais 52 cm et pesais 3,878 kg... Je suis maintenant le seul objet d'attention de ma maman qui a oublié tout le reste depuis ce magnifique mercredi matin!!!

Ici, j'ai deux jours et je porte mon premier chapeau...

Et ici, j'ai 5 jours! J'ai de meilleures couleurs... car j'ai eu une petite jaunisse et j'ai dû être 24 heures sous la lampe de bronzage à l'hôpital... au grand désespoir de ma maman qui est rentrée à la maison sans moi pour toute une nuit... imaginez!!! Elle qui pensait que j'allais seulement commencer à découcher à l'adolescence... pfff je prépare déjà le terrain!!!

Tout s'est tellement bien passé... sauf pour l'allaitement, mais bon on y travaille à tous les jours. Le docteur dit que je suis paresseux, exigent et que j'ai une petite bouche, que ce n'est pas gagné d'avance, mais je vais grandir et j'y arriverai certainement bientôt... En attendant, photo à l'appui, je ne suis pas malheureux et je conserve mes bajoues d'origine sans effort.

Je termine en vous remerciant pour tous vos encouragements dans le billet précédent! Je savais bien que maman aimait se retrouver avec ses amis d'écran, mais leur appui prouve qu'elle avait bien raison d'y mettre autant de temps. Vous êtes trop gentils! Merci!

À bientôt!

mercredi 3 février 2010

Blog en pause de maternité!

À l'heure où j'ai programmé ce billet (8h00, heure de Québec), Antonio et moi sommes en plein rendez-vous avec la vie, c'est le cas de le dire! Si vous ne saviez pas, c'est que vous n'êtes pas passés par ici ou Facebook depuis un petit moment, car il me semble que je ne parle que de cela depuis des semaines!!! Mais qui ferait le contraire? Ce petit garçon est pour nous un vrai grand miracle. L'histoire est longue, belle et nous préférons garder les détails pour nous... du moins pour l'instant. Il a bien eu quelques moments de déception, de grandes tristesses et tout n'a pas été facile. Mais si tout cela était nécessaire pour en arriver au 3 février, alors c'est presque oublié... Aujourd'hui, rien ne m'empêche de vous dire combien nous sommes heureux de voir arriver ce petit bundle of joy tant attendu (depuis au moins 2005!) et nous comptons bien en profiter au maximum! Si je ne croyais pas à la fée des dents, maintenant je crois à la fée des bébés...

Merci à tous pour votre support, vos bons mots et à bientôt!

P.S. Je repasserai vous faire les présentations officielles de fiston dès que ce sera possible... et puis on me dit que la césarienne c'est merveilleux... on s'en reparle!!!

mardi 2 février 2010

Almanach des exils, Stéphanie Filion et Isabelle Décarie.

A travers les saisons inversées et les lunes à l'envers, une amitié épistolaire Nord-Sud avance et se déchire entre Montréal et Sao Paulo. Dans ce roman almanach, le quotidien, avec ses petits incidents et ses grands événements, se fraie un chemin entre les citronniers brésiliens et les pivoines nordiques. Sont amassés au fil des jours : une recette pour se faire un bain, un jonc en or coincé au doigt d'un enfant, un voyage au pays du blues, un voisin serbe. Deux femmes nous ouvrent leurs correspondances et leur imaginaire, mais leur amitié résistera-t-elle à l'éloignement? Carnet de route, éphéméride, almanach, journal intime, roman épistolaire, ce livre prend des formes multiples. On y découvre des hérons avec des ailes immenses, comme de grands draps qui claquent au vent, et l'on se demande si le bruit de la pluie dans les saules peut être suffisant pour le bonheur. L'Almanach des exils redonne son lustre au quotidien. Cette cartographie d'une amitié se lit comme un suspense haletant. A la fin, on a l'impression de faire partie de cette cabale.


Sous forme de journal intime à deux voix, cet almanach nous dévoile deux trentenaires assez dynamiques et très mélancoliques! Les sujets sont variés et chacune est différente dans les thèmes traités. Stéphanie se penche sur les produits locaux, la météo, les sorties dans les restaurants de Montréal, les séjours en chalet, ses flirts, les poèmes et les extraits de textes divers. Isabelle, elle, favorise le cinéma, la belle-famille, les plages, son jardin, le quotidien dans les rues violentes du Brésil et les amitiés avec d'autres étrangères habitant tout près.


Dans les deux cas, la famille prend une grande place. Les angoisses reliées aux jeunes enfants, le divorce de parents, la mort de certains autres et pour Isabelle, le fait de vouloir un autre enfant occupe aussi plusieurs de ses pages. Il est souvent question d'argent, quoique chacune voyage beaucoup et ne se prive pas vraiment, même si chacune essaie de dire le contraire!


J'ai remarqué un léger déséquilibre entre les deux auteures, Stéphanie semble plus engagée qu'Isabelle et le texte concernant le Brésil aurait pu être plus développé, plus fourni pour satisfaire ma curiosité face à ce pays tellement exotique.

J'ai beaucoup aimé lire sur cette relation à distance qui prend une autre dimension sur papier, qui s'idéalise même pour procurer une légère déception lorsque la rencontre se produit enfin... C'est un traitement du quotidien peu banal, mais il faut dire que ces deux femmes sont loin d'être statiques... ça aide beaucoup lorsqu'il est temps de rendre le récit vivant!


Objectif PAL #45

lundi 1 février 2010

Pour clore le bilan de janvier...

"Je lis beaucoup depuis quelques semaines. Boulimique, j'avale presque un livre par jour, j'en mène plusieurs de front. Janvier semble avoir été inventé pour les lecteurs, il n'y a rien d'autre à faire que de se blottir sous une couverture et alterner lecture, notes et sieste. À cela on peut ajouter boire du thé, manger des biscuits ou tout autre aliment qui craque et, bien sûr, regarder par la fenêtre."

Extrait de Almanach des exils, Stéphanie Filion et Isabelle Décarie, p.264.