L’homme d’Asmara est une histoire d’amour se déroulant dans les vestiges italiens de l’Érythrée, mais il s’agit également d’un commentaire sur le tourisme planétaire, vu par la fille d'une chanteuse d’opéra esseulée qui, un jour, a touché l’oreille de son héros, Yuri Gagarine. On y apprend ce qu’est une zebiba, ce « raisin » sur le front des hommes, cogné à répétition sur le plancher lorsqu’ils font leurs prières. On boit du Fanta aux cerises, on fume le narguilé aux pommes et on mange des loukoums aux pétales de rose dans ce road novel à la nouvelle vitesse du monde, où les touristes attrapent des coups de soleil violets en forme de carte de l’Afrique, et dont plusieurs scènes sont décrites à partir de l’espace. L'homme d'Asmara n'offre au lecteur aucun port d'attache mais le sentiment que parfois il est possible et même souhaitable d'être libre. Premier livre lu depuis l'arrivée de bébé et peut-être pas le bon choix... Dolorès est à la recherche de son père et nous transporte entre Asmara, l'Égypte, sa mère, ses souvenirs, etc. Il faut être accroché solide pour suivre l'évolution de sa quête sans perdre de vue ce Habib, un père qu'elle ne connaît qu'à travers une photo d'identité en noir et blanc! J'ai accumulé les frustrations en lisant ce texte, parce que j'ai souvent eu l'impression que l'auteur voulait nous lancer sur des pistes sans développer plus loin (Hortensia Roth est un bon exemple). A-t-elle retrouvé son géniteur? Peut-être que oui, peut-être que non, il faudrait que je relise sans interruptions de couches et biberons! Ce n'est pas rendre justice à une auteure de ne pas être concentrée à 100% sur son oeuvre, mais en ce moment, c'est vraiment tout ce que j'ai à offrir et ce livre ne permet pas de distractions...
Par contre, un gros morceau de robot pour l'invitation au voyage que suggère ce périple! Surtout lorsque le vent souffle très fort, ça réchauffe l'ambiance.
Objectif PAL # 47





