samedi 30 juillet 2011

Trois lumières, Claire Keegan.

Par une radieuse journée d’été, un père emmène sa fillette dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Le séjour chez les Kinsella semble devoir durer. La mère est à nouveau enceinte, et elle a fort à faire. Son mari semble plutôt désinvolte : il oublie le bagage de la gamine dans le coffre de la voiture en partant.

Au fil des jours, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui était habituée à une nombreuse fratrie, la vie prend une autre dimension. Elle savoure la beauté de la nature environnante, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille si paisible. En apparence du moins. Certains détails l’intriguent : la manière dont Mrs Kinsella lui propose d’aller puiser de l’eau, les habits de garçon dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle…
Claire Keegan excelle à éveiller l’attention de son lecteur sur ces petites dissonances où transparaissent l’ambiguïté et le désarroi de ses personnages, si maîtres d’eux-mêmes. Et, dans cet envoûtant récit, le regard d’une enfant basculant à son insu dans le monde mystérieux des adultes donne toute sa force dramatique à la part cachée de leurs existences.


Un livre vraiment trop court qui se lit en quelques dizaines de minutes. J'aurais pu lire encore des centaines de pages dans ce style car de telles histoires viennent toujours me chercher au fond du coeur. Les émotions font leur place dès les premières pages et demeurent intenses jusqu'à la dernière!


L'histoire est classique puisqu'il est question d'une jeune fille provenant d'une famille nombreuse qui passe l'été chez une tante et qui s'y plaît un peu plus que chez elle... En plus de se découvrir, cette jeune fille apprend à se tailler un place dans le coeur des gens. Tout est dans la façon de décrire une brèche dans un ciel nuageux. La manière dont Keegan est partie de l'incertitude pour nous transporter vers la confiance et l'abandon, est tout à fait fantastique! Comme j'aime voyager en lisant, ce livre m'a permis de vivre sur une ferme irlandaise le temps d'un été! Une très belle histoire, brève, mais très riche.

mercredi 27 juillet 2011

La chorale du diable, Martin Michaud.

Dans ce qui a tout l’air d’être un drame familial, une femme et ses trois enfants sont sauvagement tués à coups de hache. L’auteur présumé du carnage, le mari, s’est suicidé après s’être tranché la langue. Mais est-ce bien ce qui s’est passé ?

Deux jours après, une alerte AMBER est déclenchée à l’échelle de la province de Québec : une jeune fille dévoilant ses charmes sur Internet a été kidnappée. Par qui ? Pourquoi ?
Deux énigmes que vont s’attacher à résoudre en parallèle deux policiers au style rentre-dedans : Victor Lessard qui, sans compter les cadavres laissés derrière lui, en voit d’autres surgir de son passé, enlaidis par le temps ; et Jacinthe Taillon, son ancienne coéquipière à la Section des crimes majeurs, qui lui voue une haine infernale.
Naviguant à travers le fanatisme religieux et la perversité de démons ordinaires, ils vont s’engager dans une valse à quatre temps diabolique entre Montréal, Sherbrooke, Val-d’Or et… le Vatican.
Jusqu’à découvrir le secret terrifiant de la chorale du diable.






Je m'ennuie trop, je suis de retour... au ralenti, mais présente quand même! Mon blog a eu 5 ans le 24 juillet. Je ne lâche pas, même si parfois le manque de temps jouera sur la qualité de mes billets et sur mon assiduité à répondre aux commentaires. Je ne peux me résoudre à perdre à jamais toutes ces relations virtuelles établies depuis tout ce temps. Voilà, cela étant dit, allons-y à temps partiel ne l'oubliez pas! Merci à tous ceux qui se sont manifestés dans mon dernier billet.






Revenons à Michaud! Définitivement, le livre le plus hard de mon expérience de lectrice! Sexe, violence, sang, religion, pédophilie et meurtres. Me voilà loin de chez moi. Pourtant, j'ai su apprécier le talent de Martin Michaud! Son livre tient la route et n'a probablement rien à envier aux autres dans le même genre. C'est vrai, je me suis enfoncée plusieurs fois, j'ai déposé le livre pour quelque temps, mais j'y suis toujours revenue parce qu'il y a un petit quelque chose qui m'empêchait de laisser de côté ces histoires de drames familiaux et de mouches...




Lessard est un enquêteur redoutable et un brin romantique (drôle de mélange n'est-ce pas?!). Son sang-froid et son audace vous glacent le dos. Ce mec a le coeur solide (plus que moi), un estomac fragile, une détermination sans limite et il ne recule devant rien pour résoudre les meurtres même si son passé le hante à temps plein! D'ailleurs, qu'est devenu Raymond une fois cette enquête terminée?





Bref, une lecture sur une longue période que j'ai apprécié au final.





Merci aux Éditions Goélette pour cet envoi.



Ce livre se qualifie pour le Défi J'aime lire la plume québécoise chez Suzan!

dimanche 10 juillet 2011

Bientôt 5 ans...

Dans quelques jours mon blog aura 5 ans... le pauvre! Je le délaisse, je vous délaisse, je ne réponds plus aux commentaires, je ne publie pratiquement plus car je n'arrive plus à terminer un livre... C'est l'été, on est dehors, on prend des marches, on visite les gens, on se baigne, on se fait des BBQ, on fait autre chose quoi! J'y reviendrai de temps en temps, je reviendrai chez vous également, mais il faudra être patient puisque l'entrain n'y est plus en ce moment. J'espère que tout le monde passe un bel été, c'est si court, je préfère en profiter plutôt que d'être ici. Vous comprendrez j'en suis certaine...


À bientôt...

vendredi 1 juillet 2011

Une relation dangereuse, Douglas Kennedy.

Quand Sally rencontre Tony...
Ils se sont trouvés. Elle, fonceuse, ambitieuse, prête à tout pour décrocher un scoop. Lui, cynique, élégant, jamais plus à l'aise qu'en zone de guerre. Le journalisme extrême : voilà leur drogue, leur raison de vivre. Jusqu'à aujourd'hui. Un seul regard a suffi pour les rendre accros l'un à l'autre.
Dès lors, les événements se précipitent. Un mariage, une maison, un enfant en route... Elle pouponnera, il écrira enfin son roman. Le rêve. Ou presque. Peu à peu, Sally s'enfonce dans la dépression. L'homme qui partage son lit, cet inconnu trop vite épousé, semble cacher bien des vices. Et l'idylle éclatante prend soudain des allures de machination perverse...

Après un accouchement très difficile, Sally Goodchild tombe dans une dépression postnatale assez grave. Elle n'a pas vraiment le support de son mari Tony et doit se débrouiller seule pour prendre soin de Jack, leur fils. Sous la fatigue, les comprimés et le désespoir, elle lance certaines paroles en l'air qui ne seront pas sans conséquences et commet quelques bévues qui lui coûteront très cher! Ah! oui, il ne faut pas des centaines de pages pour découvrir que l'homme qu'elle a épousé est un salaud de première classe...

Si Quitter le monde m'avait persuadée du talent de Kennedy, Une relation dangereuse m'a propulsée dans un autre univers encore plus captivant. La maternité n'est pas très loin dans mon cas, je me suis donc identifiée au quotidien de cette maman (de mon âge!) parfois débordée. Même si nos situations sont totalement différentes, le texte est venu me chercher et m'a fait vivre toute une gamme d'émotions. J'ai parfois refermé le livre, un peu frustrée contre le système judiciaire... ou son cher mari (pas le mien!). Malgré cela, je me suis toujours dépêchée à le reprendre, parce que ce livre est vraiment un page turner! Le genre de livre qu'on voudrait avoir sous la main quand l'envie de lire s'est un peu effacée.


Je n'avais que deux Kennedy dans la PAL à lire en juin, mais je sais qu'il me reste encore plusieurs titres à découvrir. D'ailleurs, Antonio prend aussi plaisir à le lire, nous avons maintenant un auteur chouchou en commun avec Jim Harrison.


Ceci complète mon petit défi de juin...