lundi 30 novembre 2009

Ailleurs, Julia Leigh.

Quittant l'Australie avec ses deux enfants, Olivia se réfugie en France dans la demeure familiale où elle a grandi. Après des années d'absence, elle y retrouve sa mère et son frère, de retour avec sa femme. Dans cet univers fragile, riche en émotions, chacun tente de tenir bon tandis qu'un tragique secret les rapproche sans cesse d'une possible rupture… Conte noir et fascinant, "Ailleurs" est à la fois troublant, subtil et profond.

Un livre que j'ai trouvé trop étrange pour me laisser fondre devant le dit talent de cette jeune auteure australienne... C'est une très bonne chose qu'il soit court, car je n'aurais su comment le supporter plus longtemps. Marcus et Sophie traversent la mort de leur nouveau-né en se tenant à distance... Olivia qui vient de fuir son mari violent est, selon moi, trop psychologiquement atteinte pour jouer son rôle de mère correctement... La grand-mère est frigide... Seule Ida, la gouvernante du château apporte un peu de chaleur à cette famille dysfonctionnelle qui m'a laissée de glace. Encore une déception suite à un coup de coeur de couverture!

Objectif PAL #21

Du bout des doigts, Sarah Waters.

Londres, 1862. À la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique. Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose.

Je ne suis pas reconnue pour terminer les challenges dans lesquels je m'embarque, mais je peux être fière de mes lectures communes que je respecte à la lettre! Cette fois-ci, c'est avec Theoma, Abeille et George que je me suis livrée à la lecture de ce roman victorien assez palpitant merci!

C'est mon premier Waters et je dois reconnaître qu'elle est une experte pour brouiller les pistes! Aussitôt que vous pensez avoir compris ce qui se passe, elle se fait un grand plaisir à détourner la route vers quelque chose à lequel vous ne vous attendiez pas du tout... Maud, Susan, Gentleman et Mme.Sucksby sont des personnages odieux à leur façon, menteurs et manipulateurs expérimentés. Une situation assez fréquente lorsqu'une grande somme d'argent est en jeu. Banal, peut-être, mais pas sous la plume intelligente de cette auteure maintenant très connue.

Bref, on ne s'ennuie pas autant dans les rues de Londres qu'à Briar et ce roman déborde de faits et événements tous plus étonnants les uns que les autres en plus de bien dépeindre une société anglaise où la femme n'est rien et sans avenir sans un mari pour la supporter... Un petit air de déjà vu chez Austen dont je ne plaindrai pas, car c'est ce qui fait le charme littéraire de cette époque.

Objectif PAL #20

dimanche 29 novembre 2009

Les conspirateurs, Shan Sa.

Blond, yeux bleus, sourire triomphant. Un Américain.Belle, déterminée, cruelle. Une Chinoise.Désabusé, cynique, ambitieux. Un Français.Paris, Pékin, Washington.Sur le grand échiquier planétaire, trois espions lancés dans un jeu de rôles et une course-poursuite sans pitié, où plus personne ne sait qui est qui, qui aime qui.

Il y a une petite histoire derrière ce livre. Chaque dimanche, B.O.B. nous propose des partenariats avec plusieurs maisons d'édition. Un certain dimanche d'octobre où je devais sortir, j'avais mandaté mon cher Antonio de me choisir un des livres proposés. Plutôt insatisfaite de son choix, je lui ai proposé de lire le livre à ma place et de me pondre un commentaire! Voilà, pour la toute première fois, il l'a fait et vous constaterez qu'il a beaucoup apprécié ce roman... assez pour me donner le goût de le lire à mon tour!

Avec Les conspirateurs, Shan Sa nous fait faire une incursion dans le monde inquiétant des espions, agents doubles et autres taupes. Ces humains élevés au rang d'armes de pointe mises au points au départ pour la guerre froide, se voient maintenant simples soldats de la guerre économique que se livrent sans pitié les grandes puissances de ce monde: chinois, américains et français. Au travers leur destin de pions, que reste-t-il de leur humanité quand l'amour et la séduction ne sont plus des armes pour faire tomber l'adversaire mais pour se piéger soi-même?

Si les dialogues du début du livre vous semblent factices, ne lâchez pas car l'auteur l'a fait à dessein et vous serez récompensés. Les conspirateurs est un exercice de style dans le genre du roman d'espionnage.

Merci à B.O.B. et aux éditions Livre de Poche pour ce partenariat!

samedi 28 novembre 2009

Still Alice en français...

Dernièrement, je publiais un billet sur un livre qui traite d'Alzheimer (Still Alice) et qui m'avait énormément touchée. Je croyais, à tort, qu'il n'était pas traduit en français. Dominique a laissé un commentaire aujourd'hui et elle nous informe qu'il est disponible chez Québec Loisirs ainsi que chez France Loisirs sous le titre L'envol du papillon pour ceux que ça intéresse toujours.

C'est un très beau livre que vous connaissiez ou non une personne atteinte d'Alzheimer et Dominique le témoigne dans son commentaire. Merci!

jeudi 26 novembre 2009

Les 20 meilleurs livres 2009 selon Le Point...

Le Point dresse dans son numéro du 26 novembre la liste des 20 meilleurs livres de l’année 2009, selon les collaborateurs de son service culture. Ils correspondent à 16 éditeurs différents.

Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie (Gallimard)
Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne (P.O.L)
Dominique Fernandez, Ramon (Grasset)
Ian Kershaw, Choix fatidiques, dix décisions qui ont changé le monde 1940-1941 (Seuil)
Orhan Pamuk, D’autres couleurs (Gallimard)
Jean-Paul Kauffmann, Courlande (Fayard)
Sándor Márai, Le miracle de San Gennaro (Albin Michel)
Joseph Boyden, Les saisons de la solitude (Albin Michel)
Encyclopédie capricieuse du tout et du rien (Grasset)
Laurent Mauvignier, Des hommes (Minuit)
Jean-Marc Parisis, Les aimants (Stock)
Delphine de Vigan, Les heures souterraines (JC Lattès)
Anne Boquel et Etienne Kerne, Une histoire des haines d’écrivains, de Chateaubriand à Proust (Flammarion)
Justine Lévy, Mauvaise fille (Stock)
Trinh Xuan Thuan, Dictionnaire amoureux du ciel et des étoiles (Plon/Fayard)
Marc Dugain, En bas les nuages (Flammarion)
Michael Chabon, Le club des policiers yiddish (Robert Laffont)
Douglas Kennedy, Quitter le monde (Belfond)
A.M. Homes, Le sens de la famille (Actes Sud)
Abha Dewesar, L’Inde en héritage (Héloïse d’Ormesson)

Source: Livres Hebdo

Et vous, qu'avez-vous lu dans cette liste? Êtes-vous aussi peu dans le coup que moi?!

Chronique fifille...

Messieurs, je pense que vous devriez changer de chaîne, car j'ai des doutes sur la nécessité pour vous de lire ce qui suit! À mon anniversaire cet été, mon amie Anonyme (Mrs.Pills pour les intimes de ce blog) a eu la gentille délicatesse de m'abonner au magazine anglophone Real Simple. Je dois dire que j'en ai un peu ma claque des revues au féminin qui ne suggèrent que de la mode taille 0, des talons hauts, le plus récent chick lit rose nanane et le dernier gâteau de maman Dion, etc. Donc, j'avais de grandes attentes envers ce type de cadeau.

Cette semaine, j'ai reçu mon 4ième numéro et je suis toujours impressionnée par la quantité d'informations pratiques qui s'y retrouvent! Comme dirait l'autre: "haute couture zéro, Reitmans..." De vrais trucs de tous les jours, des recettes faisables, des idées déco, cadeaux pour tout le monde incluant le chien de la maison, etc. Des bancs d'essai de savons, de bouillon de poulet, de farine à crêpes, ils n'oublient rien... ou presque!

Où est-ce que je veux en venir? Nulle part! Mais hier, j'ai eu un coup de coeur pour une page où était représenté 28 bouches colorées de divers teintes de rouge-babine portables. Impossible de copier l'image ici, mais si l'envie d'un nouveau bâton vous titille, vous pouvez vous rendre sur le site www.realsimple.com/lipcolor et avoir une petite idée de ce que ça pourrait donner sur vous si, comme moi, vous n'aimez pas tester les démos en magasin...

Merci Mrs.Pills pour l'idée géniale!

P.S. Gardez cela pour vous, mais Antonio, qui est amateur de bonnes recettes, y plonge aussi son nez... (Messieurs, êtes-vous toujours là?)

mercredi 25 novembre 2009

Les petits pieds au chaud!









La future maman, ici présente, ne trouve rien de plus mignon que des Robeez pour tenir au chaud les petits pieds de son futur petit trésor cet hiver! Et encore, je ne suis pas passée du côté des filles où les styles sont dix fois plus craquants!!! J'aime le brun et le beige (fiston en a déjà beaucoup dans sa garde-robe 0-3 mois!) et pas trop les couleurs flash ou poudrées que je retrouve partout dans les magasins... un bébé ne doit pas avoir nécessairement l'air d'un clown et je constate que Robeez a bien compris ce détail! On en voudrait presque pour soi...

mardi 24 novembre 2009

Les P'tites comptines, Chantal Janisson.


120 comptines, berceuses et chansonnettes, classées par genre, pour occuper, éveiller et amuser les enfants.

Pour se rafraîchir la mémoire avant l'arrivée de fiston...

Picoli

Picoli l'a dit
S'il l'a dit
C'est fini
T'es pris!

lundi 23 novembre 2009

The lost memoirs of Jane Austen, Syrie James.

Many rumors abound about a mysterious gentleman said to be the love of Jane's life-finally, the truth may have been found. . . .
What if, hidden in an old attic chest, Jane Austen's memoirs were discovered after hundreds of years?


What if those pages revealed the untold story of a life-changing love affair? That's the premise behind this spellbinding novel, which delves into the secrets of Jane Austen's life, giving us untold insights into her mind and heart.

Jane Austen has given up her writing when, on a fateful trip to Lyme, she meets the well-read and charming Mr. Ashford, a man who is her equal in intellect and temperament. Inspired by the people and places around her, and encouraged by his faith in her, Jane begins revising Sense and Sensibility, a book she began years earlier, hoping to be published at last.

Deft and witty, written in a style that echoes Austen's own, this unforgettable novel offers a delightfully possible scenario for the inspiration behind this beloved author's romantic tales. It's a remarkable book, irresistible to anyone who loves Jane Austen-and to anyone who loves a great story.


Une grande romance pour Jane Austen, pourquoi pas? Celle qui nous a fait soupirer dans plus d'un livre avec ses histoires de rencontres sentimentales, d'amours impossibles et de manigances amoureuses aurait, elle-même, vécu une des plus puissantes histoires d'amour avec un certain Mr. Ashford? C'est ce que Syrie James a tenté de nous faire croire... Dans un style qui colle parfaitement à celui d'Austen, l'auteure a tout à fait misé juste dans ses choix! En suivant les trébulations de la famille Austen et des grandes sociétés anglaises, j'ai vraiment eu l'impression de me retrouver dans le dernier roman non publié de la vraie Jane.


Syrie James ne se contente pas de nous concocter une aventure amoureuse pour notre chère écrivaine à succès, mais elle y colle de bonnes périodes d'écriture et de réécriture qui s'échelonnent sur plusieurs années selon les humeurs de celle-ci. C'est passionnant! Mr.Ashford est digne des personnages d'Austen et selon l'auteure, il aurait certaines affinités avec un certain Mr. Knightley... En tout cas, si je n'avais qu'une seule chose à dire de ce roman, c'est qu'il m'a drôlement donné envie de me replonger dans du Austen! J'espère que Syrie James mesure l'ampleur de son pouvoir... Pour un premier roman fictif, elle se mérite toute mon admiration.

Le site de l'auteure, ici. L'édtion Harper Collins offre plusieurs compléments intéressants, tels qu'une entrevue avec Syrie James, des idées pour un club de lecture, une bibliographie, une biographie, etc.


Objectif PAL # 19


Et si Charlotte Brontë avait aussi ses secrets? The secret diaries of Charlotte Brontë de la même auteure est déjà sur la liste de cadeaux à moi de moi qui se matérialisera bientôt, car Noël est encore bien trop loin!!!


The author of the bestselling THE LOST MEMOIRS OF JANE AUSTEN has created a new novel that is equally powerful and compelling, exploring the passionate, unquiet soul of Charlotte Bronte.

From Syrie James, the acclaimed, bestselling author of "The Lost Memoirs of Jane Austen," comes a powerful, compelling, and romantic novel that explores the passionate heart and unquiet soul of Charlotte Brontë, the writer who gave us "Jane Eyre."

Charlotte Brontë lives a secluded life in the wilds of Yorkshire with her sisters Emily and Anne, their drug addicted brother, and an eccentric father who is going blind. Though poor, plain, and socially unconnected, Charlotte and her sisters each possess a passionate side which they reveal only in their writings, creating novels that stand among the most beloved and enduring works ever written in the English language. At the same time, Charlotte Brontë dreams of a real love story as fiery as the ones she creates.

When an impassioned proposal throws Charlotte's household into confusion, she takes up her pen to examine the truth about her life...exposing her deepest feelings and desires, her triumphs and shattering disappointments, her relationship with her family, the inspiration behind her work, her scandalous, secret passion for the man she can never have . . . and her intense, dramatic relationship with the man who has loved her for years, the enigmatic Arthur Bell Nicholls.

Monday state of mind...

"Empire state of mind" by Jay Z & Alicia Keys

samedi 21 novembre 2009

La recrue du 15 décembre: Danielle Dumais, La femme fragment.

Encore une fois La Recrue est fidèle au rendez-vous du 15 de chaque mois en vous proposant, cette fois-ci, un livre tout rose dans lequel mon petit doigt me dit qu'il n'y a rien de Chick lit! La Recrue vous invite à le lire en sa compagnie pour le 15 décembre prochain... Rien ne vous empêche de nous dire ce que vous en avez pensé!


Vous désirez en savoir plus, visitez La Recrue!

vendredi 20 novembre 2009

Le moment est arrivé...

...de dire au revoir à mes collègues en fin de journée aujourd'hui! À 30 semaines de grossesse, on m'accorde enfin un "retrait préventif" pour lequel je dois dire merci à la pandémie de grippe H1N1!!! Mon départ était prévu pour le 30 décembre prochain, je ne suis pas fâchée de pouvoir me prendre un livre, me mettre les pieds sur le pouf et de me regarder pousser la bédaine 6 semaines avant mon temps! Bébé ne doit arriver que le 3 février prochain, ça me donne presque 2 mois 1/2 de repos... très agréable!

J'ai eu des dîners (presque) d'adieu toute la semaine, car je ne reviendrai pas avant la mi-janvier 2011... Mon remplaçant commence à avoir des reflux gastriques (lui aussi!), car l'idée de se retrouver seul lundi matin lui cause également quelques insomnies. Mais bon, je dois lâcher prise, le département continuera de tourner sans moi!

Voilà, je m'en vais faire ma dernière journée qui ne sera pas de tout repos, mais ce soir tout sera terminé et j'aurai le plus gros smile que mes joues me le permettent!!! Bonne journée à tous!

mardi 17 novembre 2009

Les choix qu'on aime pas faire...

Balançoire, parc, poussette, siège d'auto, bain, couchette, literie, table à langer, vêtements, jouets, couches, biberons, suces, thermomètre et autres bricoles de pharmacie... et quoi encore?! C'est tout un investissement dont je ne me plaindrai pas, mais à l'heure qu'il est je suis en plein doute sur ma nécessité à parcourir 250 km et me louer une chambre d'hôtel juste pour le plaisir de faire le tour du salon du livre de Montréal samedi. Sans compter les dépenses connexes comme acheter des livres (!!!), manger au restau, etc. Avec une PAL de plus de 120 livres, ce n'est pas demain que je tomberai en panne et entre gâter mon fils et entretenir un "hobby en décélération-de-toute-façon" je pense que le choix devient de plus en plus évident. Sans parler de la bédaine qui commence à peser sur mes petits pieds qui eux ne pourront survivre à 4-5 heures de marche en ligne...

Ceci implique que je laisserais tomber quelques bons côtés du salon comme revoir Venise et Marsi, Karine et rencontrer Pimpi. Rencontrer les Recrues passées et à venir, faire dédicacer certains livres et rencontrer quelques auteurs... C'est difficile de renoncer à tout cela... La sagesse l'emportera-t-elle? Il me reste quelques dodos pour y penser...

dimanche 15 novembre 2009

L'histoire d'un mariage, Andrew Sean Greer.

Holland Cook est un jeune homme d'une grande beauté, à la personnalité mystérieuse.Pearlie tombe amoureuse de lui au premier regard. Séparés par la guerre, ils se retrouvent en 1949 à San Francisco et se marient. Pearlie pense vivre un bonheur tranquille. Quatre ans plus tard, la belle histoire vole en éclats lorsqu'elle reçoit la visite de Charles Drumer, un homme d'affaires qui lui propose un étrange marché. Avec son intrigue flamboyante et ses décors à la Douglas Sirk, L'Histoire d'un mariage est d'abord un magnifique roman d'amour.Portrait de l'Amérique des années 50, celle de l'affaire Rosenberg, de la guerre de Corée et de la ségrégation raciale, c'est aussi une critique de cette société minée par les peurs et les préjugés.

Je ne sais pas si j'ai vraiment aimé ce roman. Cependant, je pense de plus en plus que les histoires de mariage des années 50-60 me plaisent énormément! Dans le genre, je garde un bon souvenir de On Chesil Beach de Ian McEwan, lu en 2007. Ces livres représentent une époque où le bonheur familial avait beaucoup plus d'importance que le bonheur individuel. L'égoïsme n'avait pas sa place et bien des sacrifices s'accumulaient au fond des tiroirs afin que tous ne perdent le précieux équilibre qu'offre l'appartenance à un groupe ou encore la cellule familiale. Pas que ce soit ma devise quotidienne, mais à notre époque du jetable, ces exemples de générosité et de persévérance font du bien!

Le rythme est bon, même si de grands bonds vers l'avant m'ont parfois déçue, surtout dans les dernières pages. L'émotion des personnages masculins est peut-être mieux exprimée que celle de Pearlie Cook... à mon grand regret. Cette femme est trop forte ou trop froide pour supporter ce que ce mariage lui impose. Une démonstration de faiblesse de sa part l'aurait rendue plus attachante, plus humaine à mes yeux. Sans dévoiler le punch, si quelques uns parmi vous avez déjà lu ce roman, pensez-vous vraiment qu'une femme amoureuse de son mari puisse conserver un tel sang froid devant la situation?

Ce livre met fin à une longue série d'emprunts, il serait peut-être temps que je lorgne du côté de ma PAL en détresse!!!

La Recrue du 15 novembre: L'immense abandon des plages, Mylène Durand.

« La mer l'a prise », disent les villageois, mais les jeunes enfants de la morte, frêles silhouettes dans la brume, continuent à la chercher sur les plages balayées par le vent. Les vagues effacent vite la trace de leurs pas dans le sable. Tout s'effiloche devant l'océan vaste et funeste, même les souvenirs. Ils ont besoin de comprendre. Ils veulent savoir. Mais à qui s'adresser ? Leur père, pauvre pêcheur éploré, s'est emmuré, lui aussi, dans le silence. Seule la voix de la mer, tel un coryphée, les accompagne dans leur inlassable quête, s'infiltrant partout dans le récit et menant celui-ci aux abords du mythe ou de la légende. Élisabeth, l'aînée, est partie vivre à Montréal dans l'espoir d'échapper à la malédiction qu'elle croit peser sur elle. Claire, déchirée entre la beauté et la férocité des Iles, écrit des lettres à sa soeur lointaine. Leur frère Julien, lui, demeure muet, fasciné par le miroitement des flots et les secrets enfouis dans les profondeurs marines. Sous la plume poétique et musicale de Mylène Durand, le vent, l'océan, les falaises et le sable, tous ces éléments omniprésents aux Iles-de-la-Madeleine, prennent littéralement vie aux côtés des personnages, reflétant leurs sentiments et leurs peurs. « L'immense abandon des plages » est un vers de Marie Uguay, tiré d'un poème cité en exergue au roman.

"Écrire les Îles. C'est impossible. C'est quelque chose de physique, il faut y être. Mon père me comprendrait. Lui qui regarde si loin vers l'infini, où il ne peut s'égarer. Comme si je sentais le vent salé me fouetter le visage. Comme elle." (p.58)

Impossible? Et pourtant, à travers les mots de cette jeune érivaine, on y sent le vent, on le sent nous porter, nous transporter au travers de cette tragédie familiale qui a laissé aux fonds des coeurs quelque chose d'abyssal, de très profond et d'obscur... Un trou béant qui ne pourra jamais se refermer et qui agit contre le pouvoir et le vouloir de Claire, Élisabeth et Julien. Si proches, mais si éloignés en même temps, chacun tente une dernière fois de remonter à la surface, de mieux respirer après le suicide de leur mère, mais y arrivent-t-ils vraiment?

La plume est délicate et violente dans un même jet, elle virevolte entre la poésie et le récit. Elle remue le lecteur comme ces grands coups de vent qu'offre ces Îles magnifiques...

Tous les avis de La Recrue ici.

Objectif PAL # 18

vendredi 13 novembre 2009

La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano.

Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l'adolescence à l'âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s'effleurer et de s'éloigner dans l'effort d'effacer les obstacles qui les séparent. Paolo Giordano scrute avec une troublante précision les sentiments de ses personnages qui peinent à grandir et à trouver leur place dans la vie. Ces adolescents à la fois violents et fragiles, durs et tendres, brillants et désespérés continueront longtemps à nous habiter.

Mattia et Alice sont deux personnages que j'aurais envie de comparer à deux boîtes hermétiques dont on ne sait pas grand chose et dont on ne trouve pas l'ouverture! J'étouffe lorsque je me retrouve devant ce genre de situation. J'ai envie de crier à chaque tournant de paragraphe, de leur crier de s'ouvrir un peu pour que l'histoire mène à du concret! Il est facile de comprendre que ces deux êtres aient vécu des événements marquants à tout jamais, mais bon Dieu, lorsque tu penses avoir trouvé ton âme soeur tu ne la laisses pas filer comme ça... Soit je n'ai rien compris, soit l'auteur a voulu jouer avec mes nerfs! Et si je vous disais, en plus, que j'ai trouvé les premiers chapitres dégoûtants et révoltants?

Oui, je pense que je suis un peu sortie de mes gonds avec ce roman... frustrant cette ligne droite que peut être une vie de Mattia ou d'Alice...

Pourtant, je ne peux pas dire que j'ai détesté et que ce livre m'indiffère. C'est comme ça!

Pour une tonne de commentaires sur ce livre, visitez BOB.

jeudi 12 novembre 2009

Les sirènes de Bagdad, Yasmina Khadra.

Kafr Karam.Un petit village aux confins du désert irakien. On y débat devant la télévision, et surtout on s'y ennuie, on attend, loin de la guerre que viennent de déclencher les Occidentaux et qui embrase le reste du pays. Mais le conflit, avec son lot de brutalités, d'incompréhensions et de bavures tragiques va finir par rattraper cette région où la foi, la tradition et l'honneur ne sont pas des mots vides de sens.Et quand une nouvelle humiliation vient profaner ce qu'un Bédouin a de plus sacré, alors s'ouvre le temps de la colère et de la riposte. Une vengeance terrible, sans merci, car désormais seul le sang pourra laver ce qui a été souillé...

Une autre lecture commune au menu en compagnie, ce mois-ci, d'Orchidée et de Stephie. Encore une fois, je devrai compter sur mes accompagnatrices pour faire l'éloge (si c'est le cas chez elles!) du roman en question... Khadra a une plume exquise, oui. Il offre un dépaysement culturel à faire rougir d'envie un forfait tout organisé par votre meilleure agence de voyage pour une destination à l'autre bout de la terre, bien joué. Il est où le problème alors? Le sujet! Je n'aime pas la politique, l'intégrisme, le fanatisme, les guerres et les vengeances noir sur blanc. Ainsi, je ne suis pas arrivée à m'impliquer dans la cause irakienne et j'ai tourné les pages sans grande conviction.

Comme si toute cette violence contenue dans ce peuple venait interférer sur le texte sublime et délicat de l'auteur, je dois dire qu'un certain inconfort s'est installé dès les premières pages... L'Attentat m'avait impressionnée en 2007 et une autre porte vient de s'ouvrir, car Ce que le jour doit à la nuit a rejoint les rangs de la PAL le weekend dernier!

Objectif PAL # 17

lundi 9 novembre 2009

Justifications...

Depuis la semaine dernière, je forme mon remplaçant qui n'a jamais exécuté ce genre de travail dans l'organisation... des journées très remplies pas de tout repos!

Le mardi, j'ai des cours d'aquaforme pré-natal...

Le mercredi, j'ai de cours pré-nataux avec une infirmière...

Oubliez les pages lues à la vitesse de l'éclair pour alimenter ce blog et toutes mes excuses à Karine qui ne cesse de me tagger en vain... (je t'aime quand même!! ;op)

Le reste du temps je suis à bout de souffle... effet secondaire de grossesse très prononcé chez moi en ce moment!

J'attends mon retrait préventif-très-tardif avec beaucoup d'impatience et tout ce que je souhaite, c'est de ne pas être réaffectée ailleurs pour les 6-7 semaines restantes avant mon congé de maternité!!! Vivement que le 20 novembre se pointe le bout du nez... parce que je suis à bout de souffle et c'est peu dire!

jeudi 5 novembre 2009

Still Alice, Lisa Genova.

Still Alice is a compelling debut novel about a 50-year-old woman's sudden descent into early onset Alzheimer's disease, written by first-time author Lisa Genova, who holds a Ph. D in neuroscience from Harvard University.

Alice Howland, happily married with three grown children and a house on the Cape, is a celebrated Harvard professor at the height of her career when she notices a forgetfulness creeping into her life. As confusion starts to cloud her thinking and her memory begins to fail her, she receives a devastating diagnosis: early onset Alzheimer's disease. Fiercely independent, Alice struggles to maintain her lifestyle and live in the moment, even as her sense of self is being stripped away. In turns heartbreaking, inspiring and terrifying, Still Alice captures in remarkable detail what's it's like to literally lose your mind...

Reminiscent of A Beautiful Mind, Ordinary People and The Curious Incident of the Dog in the Night-time, Still Alice packs a powerful emotional punch and marks the arrival of a strong new voice in fiction.

S'il m'était donné de lire des livres aussi puissants et émouvants à toutes les semaines, je pense que ce serait trop à supporter par ma petite personne! J'ai pleuré à chaudes larmes et j'ai été chamboulée à plusieurs occasions. Ce livre a remporté le Brontë Prize en 2008, prix décerné à la littérature romantique et je ne comprends pas pourquoi! Le drame que vit cette femme est très loin d'être romantique... Je ne crois pas que ce roman ait été traduit en français et c'est vraiment dommage.

Alice Howland est une mère de trois enfants et elle est une sommité dans son domaine, puis un jour elle constate qu'elle oublie, qu'elle se perd facilement et qu'il y a quelque chose qui cloche. En début de cinquantaine, les médecins insistent pour dire que ce sont les effets de la ménopause et de la fatigue. Mais il n'en est rien et le verdict tombe assez rapidement, Alice est atteinte d'Alzheimer précoce. Cette maladie est cruelle parce que le patient est conscient de ses pertes de lucidité et ceci n'a que pour effet de l'affecter au plus au point! Imaginez lorsque vous êtes encore très jeune et que votre vie et celle de votre entourage sont complétement dérangées par cette défaillance de la mémoire qui agit quand bon lui semble et qui choisit ce qu'elle veut bien effacer du cerveau de sa victime. Alice n'a plus le contrôle sur ses souvenirs et en arrive à oublier le nom de ses enfants et à ne plus reconnaître l'homme de sa vie. Il faut oublier sa carrière bien avant le temps de la retraite et accepter de dépendre des autres à tout moment... C'est vraiment triste, mais c'est un si beau roman écrit un peu à la façon d'une biographie qu'il ne faut pas avoir peur de le lire.

"You're so beautiful, " said Alice. "I'm so afraid of looking at you and not knowing who you are."

"I think that even if you don't know who I am someday, you'll still know that I love you."

"What if I see you, and I don't know that you're my daughter, and I don't know that you love me?"

"Then, I'll tell you that I do, and you'll believe me."

Un réel coup de coeur de la première à la dernière page, assez pour avoir envie de dire merci à l'auteure d'avoir écrit quelque chose d'aussi merveilleux... Oui, à ce point!

Objectif PAL # 16

mercredi 4 novembre 2009

lundi 2 novembre 2009

J'ai du flair!!!

Le 16 octobre dernier, à propos du gagnant du Goncourt, je faisais mes prédictions à Réjean dans un commentaire ici:

Réjean: Trois femmes puissantes ou Des Hommes... je dis cela sans vraiment connaître la moitié des auteurs!!

Bravo à Marie Ndiaye pour Trois femmes puissantes.

Alors, les prochains numéros gagnants à la loto sont le... et le...!! :o)

Firmin, Sam Savage.

A Boston, dans les années 1960, Firmin est un rat des villes friand de grande littérature, qu'il dévore au sens propre comme au figuré. Dans les caves d'une librairie au bord de la faillite, il doit faire face à la réhabilitation du quartier, qui menace de détruire son univers.

Un rat qui a de l'ambition et qui dévore les livres dans tous les sens du terme a quelque chose de particulier. Au début, c'est assez rigolo, mais au fil des pages on se lasse un peu de cette boulimie trop savante pour un rat de sous-sol de librairie! Firmin est attendrissant, on voudrait bien l'aider dans sa cause, mais lorsqu'il se met à regarder des films porno au Rialto, il devient un brin répugnant et n'a plus rien du petit rat qu'on voudrait tant aimer malgré son apparence... Il a son côté pervers et son côté touchant, un genre de Mini-wheat avec lequel on ne sait plus sur quel pied danser. Pourtant, moi qui rechigne sur les livres entre le ça-se-peut-pas et le terre à terre, je me suis laissé embarquer pour ces quelques 200 pages, mais c'était assez! Donc, j'ai aimé ou pas? Je crois que oui, mais en même temps j'ai un petit goût de déception entre les oreilles...

dimanche 1 novembre 2009

Cent sonnets, Boris Vian.

Sans doute composés entre 1939 et 1943, ces poèmes sont la première oeuvre de Boris Vian. Il devait beaucoup plus tard les reprendre, corrigeant ou supprimant certaines pièces, preuve de l'importance qu'il leur attachait. Impertinence, humour, sens de la dérision et du pastiche : tels sont les traits les plus caractéristiques de ce poète de vingt ans. Et aussi un goût immodéré pour la rime, le calembour, le jeu verbal et prosodique - où se profile déjà le futur auteur de chansons. Par-delà les tristesses et les émotions intérieures d'un jeune écrivain décidément surdoué, on perçoit en bien des pages les hardiesses et les amusements d'un Boris Vian résolument décidé à vivre.

Même si j'étais sortie déçue de ma lecture de L'écume des jours, je me suis prêtée au jeu de la Blogoclub en faisant une tentative avec un de ses recueils de poèmes. Ce n'est guère mieux. Les jeux de mots ont eu pour effet de me dépasser continuellement, les rythmes poétiques sont presque absents, bref je ne l'ai pas terminé et je me contenterai d'en lire quelques uns de temps en temps pour rentabiliser l'achat. Je vous laisse donc avec "Indécent Sonnet" qui n'est pas très gentil, mais pas si mal aussi...

Rêveuse, elle songe
Par les contrevents
Le soleil levant
Près d'elle s'allonge

Telle dans un songe
Je la vois souvent
Mirage énervant
Chimère, mensonge

La claire santé
De la rose thé
Colore sa joue

Et sur son corps nu
Le soleil se joue
Amant inconnu
Objectif PAL # 15